Donner forme à ce qui persiste

le projet avance avec un désir profond que je tiendrai le livre dans mes mains.

Ce qui persiste
2 min ⋅ 19/10/2026

Donner forme à ce qui persiste

Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager un peu du quotidien derrière la création de ce livre.

Je souhaite en faire un livre-objet que l’on aura envie de regarder, de tenir entre ses mains, dont on pourra s’imprégner. Je souhaite que sa lecture soit une expérience, à travers les photographies, les textes et la musique.

Mais avant de vous parler de sa fabrication, je reviens à une rencontre qui a fait prendre un tournant au projet.

Dans le cadre de la formation *Devenir auteur*, j’ai présenté mon travail à Genaro Bardy. Nous avions trente minutes ensemble. Nous y avons passé plus d’une heure. Je lui ai montré mes photographies et raconté mon histoire.

C’est lui qui a reconnu, dans les mots de ma mère, le titre du livre : *Je n’en aurai plus besoin*.

À ce moment-là, je me suis dit : je tiens quelque chose d’important.

Ce titre a débloqué une grande partie du livre. Je me suis mis à écrire et je me suis surpris moi-même à être ému par ce qui venait. Je le rappelle : je ne suis pas écrivain. Je suis photographe. Mais les mots avaient eux aussi leur place dans ce que je cherchais à transmettre.

Les cours et les échanges m’ont appris à faire davantage confiance à ce que j’ai à dire. Quand on est aussi impliqué dans son histoire, le regard des autres permet de voir ce qui nous échappe. Mon histoire est singulière, mais elle rejoint une expérience que nous sommes nombreux à traverser : perdre quelqu’un que l’on aime.

Alex Dinaut, réalisateur et photographe, a ensuite pris le relais pour m’accompagner dans le projet. Puis est venue la rencontre avec Cyril, le directeur artistique avec qui je souhaite travailler.

Il prépare actuellement une proposition et un devis. Nous discuterons de sa vision du livre, de la façon de travailler ensemble et du budget pour ses services.

Je ne vais pas vous mentir : faire un livre coûte cher. Le budget envisagé se compte en dizaines de milliers de dollars, et rien ne garantit de rentrer dans ses frais.

Ce qui me pousse à continuer, c’est le désir de transmettre. De rendre hommage à ma mère, mais aussi de laisser une place aux personnes qui ont compté dans la vie de ceux qui ouvriront ce livre. J’espère qu’ils pourront y retrouver quelque chose de leur propre histoire, de leur amour, de leur absence et surtout de leur présence.

Un livre qui accompagne, avec bienveillance.

J’y mets mes tripes. Même vous écrire cela est viscéral. Il y a quelque chose de la transmission entre les générations dans ce projet.

Quand le projet s’est ouvert avec le directeur artistique, une image m’est revenue : ma mère nous regardant tous avant de fermer les yeux pour la dernière fois.

J’ai pleuré de joie en sentant quelque chose se débloquer. Intérieurement, je lui ai dit : « D’accord. C’est le parcours que tu veux que j’emprunte. Je plonge, je plonge. »

Ces jours-ci, je sens que le projet me transforme. En faisant ce livre, j’ai l’impression de redécouvrir ma mère, de revisiter ce qu’elle a été, mais surtout de découvrir qui je suis à travers ce parcours.

Et puis, au milieu de tout cela, il faut revenir aux questions concrètes. On passe d’un choix de photographie à une question de papier, puis au budget, à l’impression, à la mise en vente et aux expéditions.

Je n’avais pas mesuré tout le travail que cela représentait.

Je fais des recherches pour comprendre la production d’un livre, sa diffusion et le financement participatif. Je prévois d’y investir personnellement et j’explore la possibilité d’une campagne pour compléter le financement.

J’ai eu un premier échange avec une personne de La Ruche, une plateforme québécoise qui encourage les projets ayant une portée sociale au Québec. Elle m’a confirmé que mon livre était admissible.

Elle m’a expliqué comment un conseiller pourrait m’accompagner pour bâtir la campagne, préparer une vidéo et réfléchir aux personnes que je pourrais rejoindre : mes proches, mes amis, les gens qui suivent mes photographies sur les réseaux sociaux et vous qui me lisez ici.

Nous avons aussi parlé de ce que je pourrais proposer en échange d’une contribution : le livre, un tirage photographique, deux exemplaires pour en offrir un, ou encore une rencontre pour discuter après sa parution. Rien n’est encore arrêté, mais ces possibilités commencent à rendre la suite plus concrète.

Tout cela me sort de ma zone de confort, je vous en passe un papier. C’est parfois étourdissant, mais c’est aussi très stimulant.

Si je vois toutes ces étapes se présenter à moi et que je continue à les franchir, c’est que ce projet compte profondément pour moi.

Donner vie à un papier, à un mot plus texturé que les autres. Laisser une photographie se cacher sous une belle feuille translucide, puis la découvrir en la soulevant. Regarder se déployer sur deux pages les détails d’une photo. Faire jouer la musique qui m’a accompagné tout au long du projet. Tourner une page, sentir le poids du livre entre mes mains…

Il me semble que je le sens déjà.

Vous connaissez quelqu’un que ces images et ces mots pourraient toucher? Partagez-lui cette lettre et invitez-le à s’abonner à *Ce qui persiste*. En faisant connaître le projet, vous lui donnez davantage de chances de devenir un livre.

Votre soutien est important pour moi. J’ai aussi besoin de vos commentaires : qu’est-ce qui vous touche, vous questionne ou fait écho à votre propre histoire? Vos mots m’aident à comprendre ce qui vous rejoint et m’accompagnent dans la suite.

À bientôt.

Yoland

Ce qui persiste

Par Yoland Laflamme

Je me nomme Yoland Laflamme, artiste photographe établi à Sainte-Marie-de-Beauce.

Formé comme flûtiste et organiste, j’ai longtemps enseigné la musique avant de faire de la photographie mon principal langage artistique. La musique continue d’habiter ma manière de construire les images, leurs rythmes, leurs silences et leurs passages.

Ma pratique se situe entre figuration et abstraction. Je photographie moins les événements eux-mêmes que les traces, les états intérieurs et les transformations qu’ils laissent en nous.

Il me fera plaisir de lire vos commentaires à mon adresse courriel suivante: yolandlaflamme.photo@gmail.com